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samedi 30 octobre 2010

La filiale du Groupe Saham s’introduit en Bourse : CNIA-SAADA tourne le dos à ses créanciers

Calendar octobre 29, 2010 | Posted by Moulay Hafid Elalamy, PDG de CNIA SAADA, filiale du Groupe SAHAM, revient sur ses engagements déclarés en 2005 lors de son acquisition de SAADA en faillite. L'ancien patron des patrons persiste et signe : "Je ne paierai pas pour SAADA et je réclame les 2,2 milliards de DH versés par le fonds de solidarité et les actionnaires du Groupe pour le dédommagement des accidentés et le redressement de l'entreprise. D'ailleurs nous avons entamé la procédure de récupération dudit montant auprès du ministère de tutelle". Cette déclaration officielle du PDG ne fait certes pas le bonheur des créanciers de SAADA. Ces assurés qui réclament leurs dédommagements depuis 2005. Surtout que l'entreprise est sortie du rouge et a réalisé un considérable chiffre d'affaires en 2009 (2,830 Mds de DH).
Notons que CNIA SAADA avait versé des indemnités à certains accidentés lors du lancement de l'opération d'acquisition, mais désormais Moulay Hafid Elalamy refuse d'indemniser qui que ce soit. Sachant que les accidentés possèdent des jugements contre l'assurance acquise par le Groupe Saham. Le PDG de CNIA SAADA, se sent-il au-dessus de la loi ? A-t-il de solides arguments pour avancer ces déclarations choquantes pour la majorité des accidentés?  "Il est inacceptable de régler les dettes de SAADA puisque la loi me protège. Je n'ai aucun engagement envers ces gens-là, ni moraux ni juridiques. Donc je ne leur dois rien", a-t-il déclaré-t-il lors de la conférence de presse tenue mercredi au siège de l'assurance suite à l'introduction  de CNIA SAADA en Bourse. Ce qui permettra d'offrir une liquidité  sur  la  participation  détenue par le fonds d'investissement PCAIP-PCAB Sub 3, actionnaire actuel de CNIA SAADA Assurance et cessionnaire de la  totalité de ses titres détenus dans  la  société dans le cadre de  la présente opération; de consolider  l'institutionnalisation de la société et son capital en ouvrant l'actionnariat au grand public (31%), aux investisseurs institutionnels (10%) ainsi qu'aux  salariés et partenaires de la société (10%). Le coût de l'action a été fixé à 1044 dirhams.
La manne qui sera collectée en Bourse viendra s'ajouter aux 2,2 milliards de DH réclamés au ministère des Finances. A ce propos, Moulay Hafid Elalamy n'en démord pas : "Je ferai tout mon possible pour récupérer mon argent qui me servira à développer les fonds propres de l'entreprise et non pas à verser des chèques aux accidentés de SAADA. L'Etat n'a plus aucun droit de garder cet argent de garantie".
Ainsi, le PDG de l'assurance met-il un terme à toute discussion autour des dettes de SAADA. Le message d'Elalamy est clair là-dessus : les jugements au profit des créanciers n'ont aucune valeur à ses yeux et il préfère plutôt "penser au futur de l'entreprise au lieu de gaspiller son énergie et son argent pour des affaires qui relèvent de l'histoire ancienne". Et pourtant, le PDG garde SAADA parmi le patrimoine du Groupe, puisque son nom continue à faire partie de la dénomination de la compagnie d'assurance, mais il ne reconnaît que la partie gain de ce "mariage important" comme il l'a qualifié en 2005 devant la presse nationale. 

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mercredi 20 octobre 2010

Du groupe parlementaire commun à une initiative politique plus large : A gauche, l’épineuse question du pôle progressiste

Calendar octobre 15, 2010 | Posted by Narjis Rerhaye La rentrée parlementaire aura-t-elle été, cette année, celle des prémisses d'une recomposition sans cesse annoncée ? Si la transhumance a encore une fois caractérisé la session d'automne, donnant à voir des groupes parlementaires qui se font et se défont, la logique des pôles s'installent difficilement dans la culture politique.
L'exemple du Rassemblement national des indépendants et de l'Union Constitutionnelle continue de faire l'actualité en devenant la première force politique à la Chambre basse avec 70 députés, et ce après avoir constitué un groupe parlementaire commun, " le Groupe Rassemblement constitutionnel unifié ".
A gauche, la proposition de constitution d'un groupe socialiste comprenant l'USFP et le PPS n'a pas abouti. " Au PPS, les militants n'étaient pas tout à fait prêts à une telle éventualité. Ils l'ont peut-être vécu comme une sorte de sabordage à deux ans des élections ", explique un membre dirigeant de l'USFP avant de rappeler que la proposition de rapprochement  est venue du parti des anciens communistes.
Du côté du PPS, on préfère parler d'une initiative politique qui ne se réduirait pas à une action parlementaire commune. " Nous voulions qu'un signal fort soit envoyé pour signifier qu'un pôle de gauche est un rêve possible, dire aux citoyens que la gauche était capable de se retrouver ", soutient un cacique du PPS, ce parti dont le chef de groupe parlementaire à la première Chambre, Rahou Hilaa, vient de claquer la porte pour rejoindre le Parti Authenticité et Modernité.
Question : la gauche est-elle en mesure de constituer un front commun, sous l'étendard de la modernité et du progrès ? Pas sûr. Le pôle moderniste et progressiste annoncé en grande pompe l'an passé par le PPS, le Front des forces démocratiques de Thami Khyari et le Parti travailliste que préside Benatik a vu le départ de ce dernier. " Il faut en même temps savoir que le parti travailliste a perdu ses quatre députés et que le rapprochement PT-USFP est resté lettre morte ", précise un observateur de la vie politique avant de rappeler " les démissions en série qui déferlent sur la formation politique  fondée par ce transfuge de l'USFP.
A gauche, les discours de rapprochement sur fond de retrouvailles se multiplient pourtant. "Nos points de convergence sont plus importants que ce qui peut nous séparer. Le dénominateur commun existe et il est plus grand que ce que l'on peut imaginer ", affirme main sur le cœur ce leader dont le cœur bat à gauche.
A deux ans du rendez-vous électoral et alors que la réforme de la loi sur les partis est sur l'agenda du Parlement, la constitution de pôles résistera-t-elle aux calculs étriqués, intérêts forcément politiciens et autres subjectivités ? A gauche de l'échiquier politique, la question n'en finit pas en tout cas de tarauder ceux et celles qui font le pari de la recomposition du champ politique.

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